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Le versant négatif de l’individualisme, l’individualisme comme anti-valeur

 

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Dans notre monde ultra-libéral, l’individualisme s’impose souvent comme un facteur qui cristallise tous les maux de la société. Les réactions d’adolescents qui s’exclament : « j’ai bien droit de faire ce que je veux ! » pourraient en être l’expression.

A travers cet exemple, je veux parler de l’individualisme que tout le monde connaît. Celui qu’on reproche à autrui en disant : « C’est un individualiste », ou : « Il est  individualiste ». Dans le langage populaire, l’individualiste est celui à qui on reproche de ne penser qu’à lui.

 

Sur son blog, H.W. BERNAT dépeint cette vision de l’individualisme : « l’individualisme sert à désigner aussi bien le consommateur centré sur son caddie que le citadin errant sur les boulevards, baladeur au poing, sorte de boule Quies des échanges sociaux. C’est l’individualisme « narcissique », « égoïste », « jouisseur », « consommateur », l’ange vide ou le zombie nomade, le moine vide, le carré blanc sur fond blanc, et sur deux jambes. » 

 

Dans le langage courant, on associe l’égoïsme à l’individualisme. L’égoïste étant ce celui qui ne pense pas à moi.

 

Cependant, on relève une différence importante entre la définition du terme individualisme du dictionnaire et la réalité de la vie de tous les jours :

 

Individualisme – définition du Larousse : Tendance à privilégier la valeur et les droits de l’individu sur ceux des groupes sociaux. Philos. Doctrine qui fait de l’individu soit le fondement de la société, soit le fondement des valeurs morales, soit les deux (dans cette optique libérale, la société résulte de la libre association d’individus propriétaires de leurs biens, dont la fin est l’épanouissement de leur personnalité).

 

Avec cette définition, prise au pied de la lettre, telle quelle, on pourrait bien vivre, pacifiquement, en anarchie, sans Dieu ni Maître. Mais cette définition ne prend pas en considération le poids de l’histoire et des phénomènes sociaux. Parce qu’à travers l’histoire et les sciences humaines en général, on peut observer que tout n’est pas si juste, que certains sont un peu plus individualistes que d’autres. A ignorer phénomènes sociaux et histoire, on fait abstraction de nombreux facteurs, pourtant déterminants.

 

Ceci étant, je voudrais retenir la définition du dictionnaire, selon laquelle, l’individualisme laisserait à chacun l’initiative d’élaborer sa propre définition.

 

La confusion entre individualisme et égoïsme me conduit à rechercher la définition de l’égoïsme dans le Larousse : (du lat. ego, moi). Tendance qui porte un individu à se préoccuper exclusivement de son propre intérêt sans se soucier de ceux de autres. Voilà une définition plus proche de ce que l’on entend lorsqu’il est question d’individualisme.

 

Cette confusion, volontaire, entre égoïsme et individualisme peut paraître provocatrice, facile. Mais dans un souci d’objectivité je préfère partir de la réalité d’une expression entendue. Parce que, finalement, peu de gens défendent les vertus de l’individualisme en société. Il est rare d’entendre quelqu’un se réclamer de l’individualisme et dire : « Moi, je suis pour l’individualisme » ou encore plus insolite :  » je suis individualiste ». Généralement, on se défend d’être individualiste plus que l’on ne s’en vante. Il y a bien une gêne, une honte à cela.

 

Toutefois, paradoxalement, alors même qu’on n’est pas fier de porter les valeurs de cet individualisme, on peut avoir le sentiment d’être de plus en plus entouré par toutes sortes d’individualistes en puissance. A tel point qu’on peut se demander si nous ne vivons pas tous une certaine forme « d’individualisme collectif » qui serait la conséquence de l’idéologie dominante façonnée par l’ultra-libéralisme.

JB.


  1. michelehardenne écrit:

    La poussée de la consommation, avoir pour être, a fait de chacun d’entre-nous des individualistes à part entière.
    C’est dans le malheur ou le besoin, que l’on reconnaît ses amis.

    Dernière publication sur MICHELE HARDENNE : Plume de nacre

    Citer | Posté 5 mai, 2010, 19:35
  2. lozachjb écrit:

    Une citation de DEBORD, pour le plaisir: « La révolte de la population noire de Los Angeles est une révolte contre la marchandise, contre le monde de la marchandise et du travailleur-consommateur hiérarchiquement soumis aux mesures de la marchandise. » Sur les émeutes de Watts, dans Le déclin et la chute de l’économie spectaculaire -marchande (Gallimard 2004)

    Citer | Posté 8 mai, 2010, 10:58
  3. michelehardenne écrit:

    Et le cycle se perpétue en une spirale qui grandit, encore et encore.
    L’homme ne tient pas compte de ses échecs, il s’entête à les reproduire en y mettant plus de finesse, de subtilité, pour un résultat qui le conduira à sa perte.

    Dernière publication sur MICHELE HARDENNE : Plume de nacre

    Citer | Posté 8 mai, 2010, 20:47
  4. Valentini écrit:

    La puce éthique à la rescousse de l’éléphant étatique

    Dans les sociétés à responsabilité selon mon-bon-vouloir, associé à moi-plein-d’ardente-volonté, on fait jusqu’au plus niveau de l’état et des marchés, grand cas de l’individu. Que la société est composée d’individus, ce feu d’artifices, métaphysique, soit dit en passant, nous le devons à un ostrogoth de langue allemande. Ce qui en dit long sur la philosophie du même nom. Et si cette dernière a fait long feu, c’est sans doute qu’à force de caresser le génie, on écope de la folie. Libre geyser et fontaine du néant.
    Non mais mettez-vous à sa place! Comme si l’individu avait le choix de n’être pas libre. Re-né nu, l’homme de confession libérale, a créé son propre costume, à partir d’oripeaux trouvés dans la poussière des siècles. Il est, en quelque sorte, l’enfant du facteur Cheval et de Sisyphe, soucieux de gouvernement idéal, sachant que charité bien ordonnée débouche sur le miracle de l’intérêt général. Face à ça, qui anoblit le bout-de-gras méthodologique, tiens, voilà du boudin, nous autres, prolétaires communistes, devons aussi nous déclarer, à chaque fois que l’occasion se présente, et justement ça gronde, avec et contre notre époque.
    Commençons donc par la question la plus importante, même si elle ne trotte pas dans toutes les têtes, loin de là, et pourquoi donc, en permanence: quelle idée nous faisons-nous de la liberté? Faisons comme si nous pouvions dialoguer avec elle. En faisant comme les croyants croient faire avec leur dieu. D’où cette tirade de la bouche à l’oreille: chère liberté, ce qui nous retient auprès de toi, est ton être insaisissable, et ceci expliquant cela, ta manière d’honorer ceux qui ont la volonté de te rabattre en libertés individuelles. C’est-à-dire en droits plus ou moins imbéciles et heureux. Un enchantement à l’image de ce que la pensée, confessant son libéralisme, et orpheline d’un monde enchanté disparu, cherche.
    La liberté ainsi rabattue sur l’individu, pour ne rien dire des rabatteurs qui aujourd’hui prétendent l’incarner, acquiert un air inimitable. Se reporter à sa tendance actuelle bien connue, à se manifester de plus en plus, en de certains endroits où l’on immatricule de face et de profil et en présence d’un avocat. Tiré de son sommeil dogmatique, hébété, pas rasé, au pied du mur, l’homme marche vers la liberté, avec de plus en plus de sûreté. Ah ça, il a tiré le gros lot, l’individu-là! La liberté rendue positive acquiert désormais une sorte de mouvement automatique, enchaînant les unes aux autres des millions de photographies dont nous autres, prolétaires communistes, sommes les négatifs. Voilà pour l’image martiale, éclairant la loi à la lanterne. Passons aux amants de l’individu et à leur tagada tsoin tsoin philanthropique.

    « Même pas peur… de l’avenir! »

    Toute époque a ces aigles, généralement noirs, qui servent d’encriers aux meilleurs ouvriers à paillettes, penchés sur le grand Livre du monde. Avec ou sans scoop d’état, ce livre est surtout révélateur de l’armée de pantins qui se roulent dans la boue, se flagellent en public, brandissent en procession, des vierges-preuves de leurs saines intentions, tout ça pour dire que: si l’homme est bon à jeter à la poubelle, il peut s’il le veut être sauvé de sa mauvaise histoire. Et donc, en Europe, aujourd’hui plus d’un s’appelle Moïse, même pas peur… de l’avenir! C’est grand, c’est beau, la confiance! Et la confiance en soi qui va avec. Mais comme nous autres, prolétaires communistes, allons aussi, suivant en cela le mouvement général, vers l’avenir, nous avons la volonté de comprendre, en nous tenant fermement debout dans le présent, le contenu renouvelé au jour le jour de ce qui apparaît toujours comme une éternelle promesse: ah ça ira, ça ira, demain, ça ira mieux! Précisons, dès le départ, qu’à la différence de la mauvaise conscience aisée qui regarde l’avenir par le trou de la serrure, pour ne pas dire moins et plus bas, nous ne craignons pas que nos enfants, comme des notaires de grands chemins et huissiers de bas-fonds, nous attendent au tournant, en nous criant: papa, pourquoi nous as-tu abandonné? Ce à quoi, du tac au tac, si l’on ose un tel détournement économiste, sous prétexte de leçon, nous répondons:

    Enfant, je t’ai donné ce que j’avais, travaille!

    Donc travaillons, prenons-en notre part et lisons l’avenir d’abord avec les yeux de ce polisson si cher aux yeux très personnalisés des sociétés anonymes, l’individu:

    « il y a toujours eu mille raisons de se faire peur » « :maladies du corps et de la tête, planète en danger, aliments dangereux, chômage en extension, retraites improbables ont remplacé les risques de famine, la guerre, le loup dans le bois et les hordes de brigands qui parcouraient les campagnes il y a encore moins de cent ans ».

    Cette petite marche, un tantinet littéraire, à la hussarde, au-delà du tableau noir, tout à fait dans le goût austro-hongrois, est à peu de choses près, la musique de chambre que nous joue l’actuel gouvernement, lorsqu’il entonne le grand air de: Peureux du monde, debout! Qui n’est pas avec nous et contre nous. Et alors tous les peureux, conformément à leur nature calculatrice, ne leur faisons pas l’injure de les réduire à l’état de pures et simples sensations, se mettent immédiatement au garde-à-vous. C’est ce que le langage vital, plus ou moins médical, appelle un élan. Nos peureux ont bien compris que ce discours temporisateur, le temps en effet, y est vaporisé à l’extrême, est pour rire. Rire jaune aussi, il va de soi. Car qui rit jaune, s’enrichit, l’histoire le montre.
    Une ouverture comporte en général deux volets. Et les propriétaires toujours prêts à nous montrer le petit oiseau qui va sortir, en un immortel élan, imitant l’envol de la liberté, ne l’ignorent pas. Dans leur coin, ils bougonnent ce chant lugubre: casse-toi pôv’ chouette! « Or (qui tombe à pic), il a toujours existé des gens qui n’avaient peur de rien ». La peur de tout fatalement rencontre la peur de rien. Comment se sont-elles rencontrées? A peu près comme chaque balle qui part d’un fusil trouve son titre de propriété, par hasard! « Ce sont eux (les peureux de rien) qui ont fait avancer, progresser les découvertes, la recherche, les sciences, la philosophie, les arts, les échanges, la qualité de la vie aussi ». Ainsi les criminels qui sont tout de même les âmes damnées du droit. S’attribuer le meilleur et refiler royalement le reste aux siphonnés de haut en bas, mais pas dans un bureau ovale, c’est le petit credo perso de l’individualisme fiérot, toujours prêt à faire la fiesta en son honneur.

    Il y a la version chouf! C’est qui le plus beau, du caïd de banlieue, et la version apocalypse now du bonimenteur de langue allemande, si ce n’est lui, c’est son cousin, jaloux du bonnet phrygien, ich bien ein Berliner! Ce type-là est un énorme pot de confitures à lui tout seul. Pourquoi partagerait-il son bien propre avec des cochons de communistes. C’est vrai qu’aujourd’hui, une broutille pénalise. On peut, par exemple, en partageant le produit de son intimité, faire les gros titres, d’une presse géométriquement très-à-cheval sur la morale, et être l’objet d’un empêchement de gouverner en rond. Voilà la fenêtre libérale grande-ouverte sur le monde, côté liberté imprenable. Non mais sentez-moi ça, prolétaires, qui flotte dans l’air, cet esprit large!
    Las, on oublie un détail. Ce discours est adressé à l’homme des sphères, certes à son corps défendant, soyons magnanimes à l’égard de la très-vieille génération. Et donc s’il a tout raflé, sur son nuage, heureux du monde, le monde, lui, est retombé en poussières. Comme une odeur irrespirable. La mauvaise conscience battante ne peut pas ne pas le savoir. Tous les jours, on l’informe de ça, inexplicable. Et donc, au-dessus des barbelés de l’existence, cet envol qui en appelle à la frugalité:

    « j’ai passé trente années (30, chiffre désormais quasi cabalistique) de ma vie sans eau courante, sans eau chaude au robinet, sans toutes les sécurités médicales, assurances pour logement, véhicules et activités diverses, sans allocations ni aides, sans téléphone ni radio pour appeler au secours, sans héritage ni maison pour mes vieux jours. A soixante-neuf ans, j’ai l’impression d’en avoir vingt et une vie entière devant moi ».

    Chapeau bas! Le concept abritait une existence que l’individu en gestation, appelons-le bébé-tout-boule, a eu l’heur de nous dévoiler, sous le sceau d’une culpabilité désarmante. Il y a toujours pire, incroyable! Cette fois, clochards, chemineaux, trimardeurs, vagabonds, SDF, tout le peuple de l’abîme a trouvé son cycle vertueux, quelque cause nationale, développée en téléthon-destin médiatique, ce grand talon de fer, sur la nuque du prolétariat, allez! Crache dans la soupe du budget! Astique l’actionnaire! Et tu brilleras jusqu’en enfer!

    La psychologie libérale, elle aussi, a deux volets, au-dessus de tout soupçon. L’un objectif dont l’objectif, le média est le message, est précisément de clouer le bec à toute revendication, et par conséquent a pour but d’empêcher toute organisation indépendante du prolétariat, sur la base, un milliard de fois rebattue, de l’adage fameux, quand on veut, on peut, et l’autre cerise sur le gâteau, subjectif dont le petit homme nommé individu ne se prive pas.

    « En France depuis quelques années, je découvre combien le confort, en nous ramollissant de partout, ouvre la porte à toutes les peurs ». Le gouvernement chassé du lit ovale, sa côte ramollit, se réinvite derechef à la noce. Faire place où faire trou est ici à titre fondaMental. Chose persistante dont voici un écho individuel: « ce que notre corps ne peut faire peut être suppléé par le mental ». Après le parlementarisme, le parle-mentalisme. La santé light, le gouvernement, là, ne mollit pas, il en fait son affaire: l’affaire des hommes d’affaires. Lui aussi a son système de répartition, par capitalisation de points de carrière. Bien entendu, c’est plus fort que lui, le marché l’y pousse et coups de bambou.

    « Or (parole en or) se maintenir en bon état physique et mental ne tient qu’à chacun d’entre nous! Ne plus nous regarder en victimes mais en acteurs. Acteurs capables de choisir nos aliments en choisissant tout ce que produit la terre, sans transformations. Capables de ne jamais arrêter de travailler, avec sa tête et ses mains, la meilleur méthode pour conserver leur efficacité ».

    L’idée de transsubstantiation laïque fait son chemin nulle part ailleurs que dans le budget de l’état. Et pour fermer le ban, ah chic, c’est chic! «  il existe mille manières de travailler avec bonheur, selon nos capacités du moment ». Par exemple, si vous êtes président, laissez venir à vous, les p’tites cocotes et remuez de la queue, vous aurez votre triple note!

    Tel est en l’état, son état le plus naturel, le plus courant, son train standard, le discours de l’individualisme méthodologique qui n’a, et c’est bien le problème, rien de spécifiquement gouvernemental. Cela va largement au-delà, via les médias mais aussi et avant tout selon l’intérêt individuel. Que la conscience soit meilleure! Comme c’est pratique. Et de surcroît, éthique. C’est-à-dire que l’individu médiatise sous cette forme, un égoïsme tout à fait plat et vulgaire: moi, le monde qui ne permet à personne de « décider du moment où je dois m’arrêter » de travailler! La tragédie libérale a trouvé son E-type-roi, un client dont le choeur dit qu’il n’a jamais sommeil, jamais faim, jamais froid, jamais peur, tout ça, c’est dans la tête. Le côté inexplicable, pathologique de l’individu individualiste. Ce que c’est quand même de vivre en tête à tête avec son ordinateur qui demain, n’en doutons pas, changera le monde! Si c ‘est un homme, ce discours, nous autres, prolétaires communistes, ne le nions pas. Mais nous entendons montrer qu’il est à retardement. Le compte à rebours a commencé: tout va recommencer. C’est le moment pour nous de faire nos adieux aux bègues.

    La démocratie capitaliste est réactionnaire sur toute la ligne.

    Citer | Posté 6 décembre, 2010, 15:56

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