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De la définition de l’individu comme une division d’une entité sociale vers une définition qui conjugue plusieurs appartenances sociales

bloas2.jpg       L’individualisme reste une question.

       L’individualisme est l’objet de nombreux enjeux à différents niveaux : politique, économique, intellectuel, philosophique…

       Dans ces conditions, je ne me risquerai pas à une seule définition définitive. L’individualisme est utilisé dans tellement de sens différents. C’est pourquoi une seule définition n’aurait pas vraiment d’intérêt. Pour commencer, je vais m’en tenir à trois dimensions qui fondent l’individu : une réalité physique (un corps avec des organes) ; une intelligence saisie dans les interactions avec autrui ; une dimension philosophique (L’homme des « Droits de l’Homme ».)

De la définition de l’individu comme une division d’une entité sociale ; vers une définition de l’individu qui conjugue plusieurs appartenances sociales.

L’individu peut être à la fois envisagé comme une division d’une entité sociale et comme la combinaison de plusieurs appartenances sociales. Cependant, ce qui m’intéresse ici, c’est de saisir l’individualisme dans une dimension psychosociologique. A ce propos, le livre de Felix GUATTARI, Psychanalyse et transversalité, apparaît comme un point de départ car il met en relief la position de l’individu dans la société dans une perspective de compréhension globale. Avec l’expression « nous sommes tous des groupuscules« , Félix GUATTARI dégage une piste à partir de laquelle je voudrais interroger le concept d’individualisme. Dans sa préface, Gilles DELEUZE écrit :

« Le mot de Guattari : « nous sommes tous des groupuscules », marque bien la recherche d’une nouvelle subjectivité, subjectivité du groupe, qui ne se laisse pas enfermer dans un tout forcément prompt à reconstituer un moi, ou pire encore un surmoi, mais s’étend sur plusieurs groupes à la fois, divisibles, multipliables, communicants et toujours révocables. »[1]

Ce passage m’a évoqué Georges LAPASSADE lorsqu’il écrit « l’homme est « totalisation » en cours « sans jamais être totalité achevée ». De plus l’idée que « nous sommes tous des groupuscules » nous renvoie davantage à un questionnement identitaire psychosociologique plutôt que psychanalytique. D’autant que plus loin, G. Deleuze ajoute : « la psychanalyse, dit Guattari, part d’une sorte de narcissisme absolu (das ding) pour aboutir à un idéal d’adaptation sociale qu’elle appelle guérison.  (…) Plus important que le père, la mère, la grand-mère, il y a tous les personnages qui hantent les questions fondamentales de la société comme la lutte des classes de notre époque. » (…) Comment oublier le rôle de l’état dans toutes les impasses où la libido se trouve prise, réduite à investir les images intimistes de la famille ?(…) Restituer à l’inconscient ses perspectives historiques sur fond d’inquiétudes et d’inconnu, implique un renversement de la psychanalyse (…) »[2].

A l’instar de la psychologie analytique (Jungienne), G. DELEUZE et F. GUATTARI évoquent l’hypothèse de l’existence d’un inconscient collectif existant chez chaque individu. Inconscient qui serait chargé de référents, de symboles ou de signifiants hérités de la société et de ses institutions et de ses représentants. Ce ne seraient pas le père, la mère, la grand-mère qui auraient le monopole de l’origine de la  formation des images mentales (imago) mais ces images seraient plutôt héritées du fonctionnement de la société en fonction des rôles de chacun. En effet, suivant le registre, tout le monde est un peu acteur, avocat, médecin, infirmier, professeur, sportif…. A partir de là il existent de nombreuses combinaisons possibles. Et A travers nos représentations nous pouvons nous moduler, activer certaines qualités, pour agir en connaissance de cause. Les rôles familiaux empruntent à tous ces métiers des caractéristiques qui deviennent des éléments de la personnalité et de l’identité. Une mère ou un père n’ont pas une personnalité monolithique, ils évoluent en fonction du contexte, de l’époque. Quand Guattari dit : « nous sommes tous des groupuscules », il semble qu’il veuille dire que l’on ne peut pas limiter l’être humain à un individu car chez tout individu il y a une multitude d’appartenances tantôt en cohérence tantôt en contradiction et, par la force des choses, souvent paradoxales. Ce qui ne va pas sans débats internes, qui nous permettent de réfléchir, de dialectiser. GUATTARI prend en considération l’individu sous ses différentes facettes : l’acteur social ; l’être moral, indépendant, autonome ; le « je » introspectif des poètes… En ce sens, l’expression « nous sommes tous des groupuscules » prend en considération tous ces débats internes qui nous divisent et dans le même mouvement nous relient.

JB.

 

 

 

 

 

 


[1] GUATTARI (F.), Psychanalyse et transversalité. Essais d’analyse institutionnelle, Edition de la découverte, Paris, 2003. 

[2] GUATTARI (F.), op. cit., 2003.


  1. michelehardenne écrit:

    L’éternelle question du « dilemme », être ou ne pas être.

    Dernière publication sur MICHELE HARDENNE : Plume de nacre

    Citer | Posté 5 mai, 2010, 19:24
  2. lozachjb écrit:

    « Pour parler clairement et sans paraboles
    Nous sommes les pièces du jeu que joue le Ciel
    On s’amuse avec nous sur l’échiquier de l’Être
    Et puis nous retournons un par un dans la boîte du Néant »

    Omar Khayyam

    Citer | Posté 5 mai, 2010, 19:27
  3. michelehardenne écrit:

    Grouper et rassembler pour une cause,
    abandonner et isoler s’y on y trouve une objection, ou une faille.

    Dernière publication sur MICHELE HARDENNE : Plume de nacre

    Citer | Posté 5 mai, 2010, 19:41
  4. lozachjb écrit:

    « Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé. »

    Citer | Posté 5 mai, 2010, 19:52
  5. michelehardenne écrit:

    « l’être qui vous manque » doit avoir un impact sur notre vie, une influence vitale sur votre monde relationnel, puisque s’il disparaît vous êtes seul.

    Dernière publication sur MICHELE HARDENNE : Plume de nacre

    Citer | Posté 5 mai, 2010, 20:20
  6. lozachjb écrit:

    « Un homme seul est toujours en mauvaise compagnie. »
    Paul VALERY

    Citer | Posté 2 juin, 2010, 10:54
  7. michelehardenne écrit:

    L’homme de par sa nature n’est pas fait pour vivre seul.
    La société actuelle a tendance à faire en sorte que l’homme soit seul, pour aiguiser davantage sa compétitivité, sa rentabilité. Un contrôle est plus facile à opérer sur un homme isolé que sur un groupe.
    L’homme est de plus en plus sujet à névrose, il perd son identité, il se reconnait de moins en moins dans ses semblables et finit par fuir leur compagnie.

    Dernière publication sur MICHELE HARDENNE : Plume de nacre

    Citer | Posté 2 juin, 2010, 20:14
  8. Thomas écrit:

    L’individualisme actuel révèle son contraire.
    On en parlerait moins si les exigences, normes sociétales ne croissaient pas, ne devenaient pas de plus en plus étouffantes. Et comme la société n’existe pas, à proprement parler, comme seul existe l’individu, et qu’il gène, l’individualisme est le sujet dont on parle.
    On voudrait des individus standards, tous correspondant au moule, on refuse la singularité quand elle est vraiment singulière.
    Il y a deux sortes d’individualistes, à mon avis, il y a celui qui se développe contre les autres, au détriment des autres, sur la ruine des autres (libéralisme actuel) et il y a celui qui respecte les singularités diverses (dont la sienne), donc qui fait de l’existence de ces singularités le trait commun de la nature humaine

    Citer | Posté 18 décembre, 2011, 15:07
  9. thomas écrit:

    L’individualisme actuel révèle son contraire.
    On en parlerait moins si les exigences, normes sociétales ne croissaient pas, ne devenaient pas de plus en plus étouffantes. Et comme la société n’existe pas, à proprement parler, comme seul existe l’individu, et qu’il gène, l’individualisme est le sujet dont on parle.
    On voudrait des individus standards, tous correspondant au moule, on refuse la singularité quand elle est vraiment singulière.
    Il y a deux sortes d’individualismes, à mon avis, il y a celui qui se développe contre les autres, au détriment des autres, sur la ruine des autres (libéralisme actuel) et il y a celui qui respecte les singularités diverses (dont la sienne), donc qui fait de l’existence de ces singularités le trait commun de la nature humaine

    Citer | Posté 18 décembre, 2011, 15:09

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