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le projet comme antidote à l’absurde

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Dès lors que l’on aborde l’individu par le prisme de l’éducation, on constate que c’est à travers l’idée de projet qu’il convient de l’envisager. Car toutes les problématiques, aspirations, ou préoccupations de l’individu ont quelque chose à voir avec le sens de la complexité, de l’innovation, du changement, de la crise, de l’identité, du lien social.

 

Selon J-P BOUTINET dans le Vocabulaire de la psychosociologie[1], une conduite à projet est fondée sur une intentionnalité qui jette une possibilité, anticipe une direction, dévoile un horizon (HEIDEGGER) ; cette conduite exprime un manque, se trouve confrontée à l’absurde, est menacée d’insignifiance (RICOEUR)  C’est donc une recherche de sens (SARTRE) ; cette conduite en recherche de sens est toujours une mise en relation avec un objet signe de l’environnement ( BINSWANGER ; MERLEAU PONTY) ; ladite conduite, enfin, se donne comme dépassement subjectif, transcendance de l’existence (MALDINEY).

 

L’idée de projet, qui concilie théorie et pratique, réflexion et action trace une ligne de conduite : réflechir  sans agir  n’est pas réflechir.

 

Le projet est plus qu’un outil, c’est un mode de vie. En effet, le projet permet de donner du sens à des situations de non-sens engendrées par la modernité. En cela, le projet permet de faire apparaître la manière dont la psychologie de l’individu entre en relation avec les événements et les situations.

 

Dans la culture moderne, le projet se définissait à partir de l’anticipation d’un avenir désiré, alors qu’aujourd’hui, dans un contexte de post modernité, on aurait plutôt tendance à envisager le projet comme un moyen d’aménagement, voire de bricolage dont l’intérêt serait d’apprivoiser le moment présent. Ce changement de direction ou d’utilisation du projet marquerait un effacement de l’acteur au profit de la situation.

 

Et quand bien-même nous vivons à un moment où tout urge , où le présent devient fou, le projet ne peut pas être de l’urgence, car il implique un temps de distanciation du réel avant d’y retourner. Suivant l’idée selon laquelle l’individu est celui d’où l’on part et où l’on arrive, le projet représente alors un espace de cohérence, un média, un moment nécessaire.

 

Pour qu’il ait un espace de singularité à saisir, l’acteur doit se trouver, tant au regard de lui-même que de la situation dans laquelle il évolue, dans un état d’incertitude et de complexité.

 

On peut mettre en parallèle les caractéristiques fondatrices des conduites de projet et les préoccupations de la psychosociologie à travers les concepts de relations de groupe, de processus de changement, de conflits, d’intervention, de consultation, d’organisation communautaire, de pratiques sociales, de pouvoir, de raison instrumentale, de monde vécu, d’autonomie individuelle et collective.

 

La question de l’orientation se pose, où plutôt la question du choix de l’orientation. Ainsi, l’analyse de l’expérience peut permettre de mieux comprendre ce qui se joue.

JB.
 


[1] BARUS-MICHEL (J.), ENRIQUEZ (E.), LEVY (A.), Vocabulaire de psychosociologie, Eres, Ramonville Saint-Agne, 2004. 


  1. michelehardenne écrit:

    La question du choix de l’orientation ne trouve sa réponse que dans les outils qui seront mis à disposition. Faire un choix, c’est opter pour un changement.
    Un choix n’est pas définitif, il est modulable, il est en rapport avec une affinité du présent.

    Dernière publication sur MICHELE HARDENNE : Plume de nacre

    Citer | Posté 28 avril, 2010, 9:46
  2. catimero écrit:

    Merci pour ce partage, c’est déjà un grand pas vers le non individualisme.
    Cependant c’est l’individualisme qui a permis au concept des histoires de vie de démarrer mais trop d’individualisme tue une société. Regardons le schéma parental et familial en occident et comparons le à celui d’Orient ou autres contrées, tout est presque dit et tout reste à faire.
    Merci pour ce blog pas rebutant et qui pour une fois ne parle pas de soi, soi et encore soi mais de nous.
    Une collègue étudiante

    Citer | Posté 2 mai, 2010, 12:34
  3. lozachjb écrit:

    merci catiméro pour ce message qui fait plaisir
    A bientôt

    Citer | Posté 8 mai, 2010, 11:14

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