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l’analyse de l’experience

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(et L’expérience de l’analyse.)

« Construire avec le soutien de la raison et de l’observation, l’expérience permet d’atteindre au bonheur : « la raison, l’observation, l’expérience paraissent indiquer trois éléments essentiels et nécessaires du bonheur : la santé du corps, l’élévation de âme, la culture de l’esprit »

(Marc-Antoine JULIEN, 1808-2OO6). [1]

 

 

Cette citation de Marc-Antoine JULLIEN dit bien la finalité vers laquelle pourrait tendre l’analyse de l’expérience.

 

Pour chercher à atteindre cette finalité, un postulat en faveur de l’analyse de l’expérience semble se dégager dans le livre de L. COLIN et J-L. LE GRAND, L’éducation tout au long de la vie :

 

« Même si l’on sait, depuis LAPASSADE, que l’homme reste toujours inachevé, il tend vers une totalité, vers l’achèvement. L’expérience est toujours un commencement qui n’a de sens que par son orientation vers quelque chose qui s’achèvera, ou alors elle n’est que mutilation et déformation, une sorte de résidu de l’expérience authentique. La vie porte en elle de nombreux germes. Tous n’ont pas vocation à se développer, même si la plupart ne se développeront pas. »[2]

Dans théorie de l’expérience, Remi HESS, Gabriele WEIGAND, Armando ZAMBRANO définissent ainsi l’expérience :

L’expérience peut être divisée en plusieurs niveaux : individuelle, interindividuelle, groupale, organisationnelle, institutionnelle. Dans la logique du livre de J. ARDOINO, Education et politique[3], la lecture de l’expérience s’effectue par des grandes disciplines : psychologie, psychanalyse, anthropologie.

Les grandes expériences humaines : la vie, la rencontre de l’autre, l’amour, l’amitié, la connaissance, l’action, l’engagement, l’éducation, le jeu, le travail, la pensée, la mort… La liste est longue, je retiens :

 

« Il y a expérience, quand la personne se saisit, en relation avec soi-même, et avec le monde. L’expérience est l’acte par lequel la personne se saisit en relation avec soi même et avec le monde. (…) l’expérience a toujours une nature personnelle.

 

(…) L’expérience est globale. Elle intègre toutes les dimensions de la vie psychologique et l’on ne peut en autonomiser une aux dépens des autres. En effet, toutes les manifestations de la vie psychologique peuvent être quelque chose d’éprouvé. »[4]

 

Ce qui  me renvoie à « l’individu vivant » de MARX et ENGELS : « L’être des hommes est leur processus de vie réel» [5]

 

En effet, MARX et ENGELS ont construit une science de l’histoire plus concernée par les individus réels que par les individus philosophiques. K. MARX a comme retourné la philosophie en faisant apparaître son refoulé : l’individu vivant. Selon lui,  la philosophie n’avait fait que généraliser l’individu. Pour contrecarrer cette tendance, il s’agit pour MARX de commencer au commencement : «l’existence quotidienne et visible des hommes tels qu’ils sont et vivent.»[6]

 

( Théorie de l’expérience )  On repère trois composants de  l’expérience :

 

- l’empirique : un vécu non critiqué, une expérience vécue mais non analysée.

 

- l’expérimental : la science ; expérience consciente et provoquée dans un univers de références assurées.

 

- l’expérimentiel : le composant expérimentiel de l’expérience apparaît comme celui qui favorise l’élaboration  de l’expérience. Travail qui aboutit à une connaissance. A partir de cette conscience de mon expérience, je peux dégager des projets.

 

Le caractère expérimentiel de l’expérience me renvoie à P. BESNARD et B. LIETARD, La formation continue :

 

« C’est aussi parce qu’il aura acquis les moyens de cette appropriation du réel, que l’adulte reste éducable tout au long de sa vie, qu’il pourra acquérir de nouveaux savoirs, bâtir de nouvelles stratégies, mieux utiliser le monde qui l’environne. »[7]

 

Par ailleurs, l’étude de l’expérience qui permet de penser son expérience apparaît comme un préalable indispensable à la démarche de projet. En effet, elle favorise l’interrogation, par la déconstruction et affûte le sens critique. Elle permet l’analyse des influences et des représentations de l’individu et favorise son orientation, sa connaissance de lui-même.

 

Si la réalité est contrastée, le choix reste souvent binaire  et l’analyse de l’expérience peut permettre de mettre à jour des processus de pensée à l’œuvre dans la question des choix de l’individu dans la vie qu’il mène.  En effet,  les expériences peuvent être : quotidiennes, exceptionnelles, décisives. Ce qui nous amène à poser la question de l’orientation, de ce qui détermine le choix, qui engage l’individu dans une voie plutôt que dans une autre.

 

L’analyse de l’expérience, en tant qu’espace de philosophie et en tant que moment de réflexion philosophique, apparaît comme une boussole, un outil capable d’orienter l’individu et l’aider à construire des repères pour se construire un monde déjà là. Avec l’expérience, on peut mieux saisir ce qui détermine les choix de l’individu, ce qui l’engage dans une voie particulière.

 

Le caractère provisoire et inachevable de l’analyse de l’expérience permet d’ apprendre à comprendre notre relation au monde. Pour ce faire, le monde est saisi dans l’expérience des « Moments ». Ce travail d’élaboration revêt une importance considérable.

 

Penser par soi-même demeure une des plus grandes épreuves. Nous avons besoin d’expériences pour une recherche active en nous-mêmes mais aussi pour comprendre, relier les choses entre elles. Ceci passe par un travail sur les représentations jamais achevé ou toujours inachevé.

JB.

 

 


[1] COLIN (L.) et LE GRAND (J-L), L’éducation tout au long de la vie, Anthropos, Paris, 2008.  [2] COLIN (L.) et LE GRAND (J-L), L’éducation tout au long de la vie, Anthropos, Paris, 2008.

[3]ARDOINO (J.), Education et politique, Anthropos, Paris, 1999.

[4] COLIN (L.) et LE GRAND (J-L), L’éducation tout au long de la vie, Anthropos, Paris, 2008.

[5] TOUBOUL (H.), MARX, ENGELS et la question de l’individu, Puf, Paris, 2004.

[6] TOUBOUL (H.), MARX, ENGELS et la question de l’individu, Puf, Paris, 2004.

[7] BESNARD (P) et LIETARD (B), la formation continue, PUF, Paris, 2003.


  1. michelehardenne écrit:

    Penser par soi-même, là est le vrai défi de notre vie d’humain. Les expériences qui nous sont propres nous permettent d’opter pour des comportements qui nous agréés, mais ces comportements peuvent également nous éloigner de nos semblables.

    Dernière publication sur MICHELE HARDENNE : Plume de nacre

    Citer | Posté 7 juin, 2010, 21:23

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