hors je



gravite

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Sur le journal des chercheurs, dans l’article « La philosophie, école de vie et d’amour », René BARBIER définit ainsi le terme « se gravifier » :

« Se gravifier : devenir d’instant en instant, de commencement en commencement toujours de plus en plus profond, plus grave et toujours plus joyeux, le plus clair joyeux, dans l’épreuve de la réalité. La gravité permet cette ouverture, cet autre regard que nous portons sur nous-mêmes et sur le monde. »

Cette définition renvoie à Paul ELUARD, notamment à son poème « l’Aventure ». En effet, le « bonheur éluardien » correspond à une conquête. Il est une transparence gagnée sur une opacité première. Le « bonheur éluardien » serait pareil à « un rayonnement de l’être ». C’est- à- dire une diffusion multidirectionnelle à partir d’un autre mais encore parce que ce schème double, de l’unité et de la dispersion, se projette sur toutes les « catégories » de l’existence et fait du monde extérieur à la fois le lieu où l’être rayonne et la matière même de ce rayonnement.

Selon, René BARBIER, la gravité recouvre l’idée de lucidité. De la lucidité, il nous dit ceci :

« La lucidité n’est pas l’explication. Elle ne se réfère aucunement à l’analyse rationnelle des données du réel. La lucidité n’est pas plus la synthèse d’une multitude de fragments du réel reconstituant un univers de significations. Elle est autre chose, une sorte d’ouverture sur un autre système de vision du monde qui remplace, subitement, celui qui nous fondait jusqu’alors. Elle apparaît comme bouleversante, restructurante. (…) La lucidité barre le passage au bruit de fond, au superficiel. Elle engendre l’interrogation tout en suscitant l’ouverture vers la voie pertinente. »[2]

Cette notion de lucidité selon René BARBIER comprendrait une dimension politique :

« La lucidité nous conduit à une prise de position révolutionnaire par rapport à toute économie politique cherchant à exploiter à bon compte et pour le profit de quelques-uns une Terre déchirée et sans cesse polluée. »[3]

Nous vivons dans une société où règne l’argent-roi. Depuis longtemps nous sommes dans l’ère du profit et de son corollaire l’exploitation. La liste des inégalités sociales est longue et comporte autant d’éléments qui font vaciller notre santé psychique.

Pour exprimer ces maux de la société moderne, C.G. JUNG parle d’« épidémies psychiques ». Il est absolument nécessaire d’en saisir la pleine dimension et d’en tenir compte afin de dépasser la pensée unique, -l’intellectuellement et le politiquement corrects-, pour envisager un horizon plus joyeux.

Se gravifier correspondrait en fait à un double mouvement : affronter et aimer la vie. Sous la contradiction qu’elle impose à première vue, elle met en lumière progressivement un clivage, puis une dualité nécessaire, ceci dans la perspective de réconcilier les contraires car nous faisons partie d’un tout. On fait un avec le tout.

Dans le domaine des sciences de l’éducation, Jean ARDOINO nous éclaire sur ce qui apparaît comme une aspiration majeure :

« La pierre philosophale de l’éducation est, sans doute, à l’inverse de ce qui se passe en ce moment, l’intégration progressive, heureuse et harmonieuse, du monde en soi (…) « la quête d’humanité » selon la belle expression de G. GUSDORF, est le véritable enjeu de cette transmutation toujours à parfaire. »[4]

Enfin, l’aboutissement du processus de « gravité » pourrait trouver sa « substantifique moelle » dans les propos de René BARBIER :

« Au cœur de l’intime souffrance d’être ensemble se dessine l’intensité d’un recueillement : celui du vivre ensemble. Mon visage passe par ton visage pour s’ouvrir au Visage d’une relation d’inconnu : celui de la communion des existants. »

JB.

[2] BARBIER (R.), L’approche transversale. L’écoute sensible, Anthropos, Paris, 1997, p 141-142.

 

 

[3] BARBIER (R.), L’approche transversale. L’écoute sensible, Anthropos, Paris, 1997,  p 146.

 

[4] ARDOINO (J.), Education et politique, Anthropos, Paris, 1999, p 323.



  1. michelehardenne écrit:

    On peut être « riche » autrement : tavailler moins, consommer moins, c’est plus de bonheur.
    Il est temps de distinguer le superflu de l’essentiel.
    - Etre ensemble,partager, avoir un contact physique…
    - ressentir des émotions et les laisser transpirer…
    - Préférer le temps et la qualité, plutôt que la vitesse et la quantité…

    - arrêter le gaspillage que procure la « surproduction »,les choses ne doivent pas prendre plus de place que les personnes…
    - vivre le bien-être plutôt que être bien…
    Exister pour et avec les autres, c’est rayonner.
    Le rayonnement est producteur de chaleur et est communicatif.

    Dernière publication sur MICHELE HARDENNE : Plume de nacre

    Citer | Posté 15 avril, 2010, 21:16
  2. lozachjb écrit:

    des droits aux devoirs..

    Citer | Posté 8 mai, 2010, 11:21

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