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web 2.0 et blogosphère


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Une caractéristique d’internet est d’être une structure souple et réactive, décentralisée et auto-organisée. Et pris dans le contexte de la bulle internet, le web 2.0 n’est pas seulement un phénomène technologique, c’est surtout un phénomène social. Avec l’impulsion du phénomène blog et la possibilité d’un lien social, les barrières se brisent. La facilité d’entrer en contact fait émerger un lien social du niveau local au niveau mondial.

 

L’auteur de « world is flat« , Tim O’REILLY, voit, dans le web 2.0, l’avènement possible d’une société « peace and love ». Ceci grâce au réseau social formé par le web 2.0. Selon lui, les valeurs  de partage et d’ouverture mises en jeu dans « ce phénomène participatif » pourraient permettre à l’être humain d’atteindre un niveau de conscience supérieur. Ainsi l’impact social du web 2.0 nous conduirait-il vers plus de paix et d’amour.

Au cours de sa conférence sur le « phénomène internet », Miguel MEMBRANO décrit un fait social majeur qui va transformer la société. Il parle de la construction d’une identité numérique qui va s’inscrire dans  le prolongement de sa propre personnalité dans la vie réelle.

En 2006, le journal le Times a déclaré personne de l’année : « You« , c’est-à-dire : » nous ». Cette nomination symbolise cette révolution. Des sites comme Myspace, Youtube, Facebook, avec plus de 42 millions d’utilisateurs réguliers, matérialisent ce phénomène massif, global, mondial qui implique des centaines de millions d’utilisateurs et représente de nouveaux systèmes sociaux. Cette vague s’explique par le profond besoin de l’être humain de faire entendre sa voix, de participer.

Pour Miguel MEMBRANO, il existe plusieurs catégories de blogs : de média, (pour les annonceurs, un moyen de communication publicitaire), d’expression (échanges, source de liens sociaux, amitié), d’entreprise, citoyen.

En ce qui concerne le blog citoyen, Thierry CROUZET a écrit un livre de référence, « Le cinquième pouvoir » dans lequel il se demande « en quoi internet influence-t-il la politique? ». Il y montre que les citoyens, fédérés grâce aux nouvelles technologies de communication, vont devenir les acteurs majeurs de la vie démocratique. Selon lui, dans la bulle internet, il n’y a plus de niveau hiérarchique puisque les gens se connectent entre eux de manière transversale. Cette façon de se connecter met en lumière une mécanique d’auto-organisation qui, d’après Thierry CROUZET, devient possible pour dépasser le système trop organisé dans lequel on vit. : « Internet devient le média dominant et ainsi pourrait s’affirmer comme le pouvoir qui met fin au pouvoir . »

Depuis quelques années, la blogosphère a atteint une étape de maturité pour s’organiser dans un certain nombre de dimensions et, peut-être, créer un contre- pouvoir. Toutefois, cette capacité instituante nécessite  des individus impliqués et actifs.

Le blog citoyen c’est la possibilité de ne plus rester passif, de pouvoir agir sur son environnement avec la volonté de défendre la démocratie, d’assainir la vie politique. Et, là le nombre fait la force. On se situe alors dans un nouveau style de politique qu’on peut qualifier « d’open source ». Ainsi, la blogosphère invente-t-elle de nouvelles voies pour que les idées circulent. Un blog en lui-même ne peut être citoyen, c’est l’ensemble des blogs engagés de par l’implication de leurs auteurs qui en font des blogs citoyens.

En ce sens, je voudrais reprendre, un extrait du discours intitulé « Culture et démocratie » de G.ORWELL du 22/11/1941 devant la Fabian society :

« Le mot démocratie est le plus souvent utilisé dans deux acceptions qui sont assez différentes et qui ne sont même pas complémentaires mais qui, pense-t-on, vont ensemble. D’abord le sens premier du mot : une forme de société où le pouvoir est entre les mains de gens ordinaires. L’autre est beaucoup plus vague bien que beaucoup plus proche de ce que nous voulons dire quand nous parlons de démocratie dans un contexte comme celui-ci. Elle signifie un type de société dans lequel existe un respect important de l’individu, suffisamment de liberté de pensée, de parole et d’organisation politique, ainsi que ce qu’on pourrait appeler de la décence dans la conduite du gouvernement. Voilà ce que nous voulons dire quand nous parlons de démocratie face au totalitarisme. (…) La liberté de pensée n’est pas techniquement restreinte en Angleterre mais, dans la pratique, toute la presse qui compte est entre les mains d’une petite clique de millionnaires qui peuvent nous empêcher de dire ce que nous pensons. »

Avec le blog citoyen, le traitement de l’information subit une poussée de l’instituant. L’information n’est plus la propriété privée de grands groupes de médias dominants qui décident ce qu’il convient de mettre à la une de l’actualité, puisque chacun, en partant de là où il se trouve, peut s’interroger, s’exprimer, s’expliquer, se documenter…

Le phénomène blog c’est le jaillissement d’une intelligence collective qui progresse, d’un ensemble de liens, d’échanges qui se tissent vers un enrichissement toujours inachevé.

Par ailleurs, la blogosphère a une influence sur les médias traditionnels. En effet, de nombreux journalistes qui manquent de temps pour leurs investigations cherchent de plus en plus leur source dans les blogs issus de « la démocratie 2.0″. Ce qui favorise l’inter-action par rapport à la démocratie traditionnelle, car la blogosphère apparaît comme un nouveau support d’information, à partir duquel chacun peut se faire son opinion.

JB.
réagissez

 


  1. michelehardenne écrit:

    Les politiciens sont sympas, ouverts, tolérants, actifs,… ce sont des hommmes, des citoyens et même des contribuables,….si, si, je les ai vus sur ‘facebook, mais je n’arrive pas à être « leur amie »!

    Dernière publication sur MICHELE HARDENNE : Plume de nacre

    Citer | Posté 11 avril, 2010, 15:25
  2. lozachjb écrit:

    Une notion fondamentale chez Orwell: la « common decency ». « Le terme est habituellement traduit par celui d’ « honnêteté élémentaire », mais le terme de « décence commune » me convient très bien. Quand on parle de revenus « indécents » ou, à l’inverse, de conditions de vie « décentes », chacun comprend bien, en général (sauf, peut-être, un dirigeant du Medef) qu’on ne se situe pas dans le cadre d’un discours puritain ou moralisateur. Or c’est bien en ce sens qu’Orwell parlait de « société décente ». Il entendait désigner ainsi une société dans laquelle chacun aurait la possibilité de vivre honnêtement d’une activité qui ait réellement un sens humain. Il est vrai que ce critère apparemment minimaliste implique déjà une réduction conséquente des inégalités matérielles. En reprenant les termes de Rousseau, on pourrait dire ainsi que dans une société décente « nul citoyen n’est assez opulent pour pouvoir en acheter un autre, et nul n’est assez pauvre pour être contraint de se vendre ». Une définition plus précise des écarts moralement acceptables supposerait, à coup sûr, une discussion assez poussée. Mais, d’un point de vue philosophique, il n’y a là aucune difficulté de principe. » Jean-Claude MICHEA, La double pensée / Champs Essais]

    Citer | Posté 8 mai, 2010, 10:34

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