hors je



Hey Hey My MY

«  Il la croyait heureuse ; et elle lui en voulait de ce calme si bien assis, de cette pesanteur sereine, du bonheur même qu’elle lui donnait.  » G. FLAUBERT Madame BOVARY (1857).

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Le but de ce blog  se situe quelque part entre la démagogie citoyenne et la lâcheté communautaire, entre illusions philosophiques et pesanteur économique. Ce blog trouve sa raison d’être pour aider à accompagner amener  chaque individu à sortir de son paradigme.

 

Il s’agit, entre autre, d’exposer cette souffrance sociale, ce découragement profond, pour essayer de comprendre ce qui nous arrive et trouver un  langage pour l’expérience commune. Il s’agit de sortir « du quoi qu’il en soit, c’est comme çà ». L’histoire ne s’arrête jamais.
Il faut donc chercher des alternatives, des moyens de résistance. Ceci passe par un réarmement théorique et politique  qui permette une ambiance, une spiritualité. Aujourd’hui,  dans un contexte de dépolitisation généralisée, quand se creuse un fossé entre le politique et la politique, la résistance est atomisée.En bref, fini pour moi de subir la  lourde pression  du statu quo.

Dans  « cette société » de travailleurs sans travail, il faut s’adapter aux exigences du marché ou périr.Tout n’est pas ceepndant si noir. Parfois  sortent du lot des individus atomisés quelques égos qui ont vocation à se dégager de la masse. Mais pour le plus grand nombre, c’est « ce grand terrain de nulle part », la solitude.

Bien sûr, pour se consoler, il y a internet et son infinités de réseaux sociaux où l’on ne partage rien  sinon des codes ; où rien ne se joue sinon l’incessante recomposition d’une identité. C’est le grand jeu de l’avatar, ce faux semblant, où il s’agit de continuer à s’entraîner à être naturel.

Le capitalisme est de plus en plus agressif. Ce n’est pas l’économie qui est en crise, c’est l’économie qui est la crise.L’économie est politique. Les crises continuent de nourrir la bête. Les progrès ne se font plus au niveau collectif, c’est à l’individu de progresser.  La société s’est délocalisée dans l’individu. L’individualisme est l’illusion de se sauver seul sans action collective. Mais où mène la pseudo liberté du » moi je » et de l’autosatisfaction? S’il vous plait… Cachez ce plafond de verre que nous ne saurions voir.

Exploitation, solitude,  dépression, voilà les composantes majeures des symptômes individuels de cette ère comprimée…En ces temps difficiles, tous les moyens sont bons pour la marchandisation du temps de cerveau disponible.

Il devient de plus en plus difficile de se désintoxiquer, de prendre du recul. Petit à petit le mal se banalise, se généralise  trop profond, trop tenace, indélébile.L’éducation aussi est frappée par cette marchandisation  avec, notamment, l’entrée massive des méthodes de l’entreprise dans l’école. On peut parler d’un démantèlement de ce service public.

Je ne me ferai pas cependant le défenseur du système scolaire.  Ce modèle, hérité de Jules FERRY, -ministre de Thiers pendant l’écrasement de la commune et théoricien de la colonisation -, n’en finit plus de casser, de traumatiser, de blesser, de meurtrir,  des générations d’enfants. La violence institutionnelle se perpétue…

On a tout dit à propos de la souffrance scolaire pourtant on n’a pas fini d’en parler. La ritaline me parait significatif d’une époque et représentatif de la castration scolaire pour laquelle on ne recule devant rien. On dirait que tous les moyens sont bons..

En 1980, l’Association américaine de psychiatrie a repéré, découvert, voire inventé le désordre de déficit d’attention et le syndrome d’hyperactivité. Nouveau trouble, nouveau symptôme individuel,  nouveau diagnostic médical utile pour stigmatiser les enfants qui s’écartent  de la  norme. Déviance (ou différence?)   qui représente un beau marché en pleine croissance pour l’industrie pharmaceutique. Une étape supplémentaire est franchie dans le dressage social. Avec cette forme de socialisation moléculaire avec la science comme complice et la médecine comme alibi.

Pour traiter ce trouble, la ritaline, un stimulant du système nerveux central, permet de niveler les comportements des enfants trop remuants pour mieux les adapter, les uniformiser, les faire rentrer dans le rang. Ce médicament permet aux parents et aux enseignants de retrouver un peu de confort dans leur quotidien, dans leur pratique : aveu de faiblesse ou  facilité?  Ces adultes à bout de souffle,  tellement fatigués qu’ils ont perdu tout courage de voir nos enfants vivants qu’ils préfèrent, comme eux, à moitié morts.

Cette approche comportementaliste, réductrice, uniquement centrée sur les symptômes individuels me dérange; et me dérange aussi cette volonté de toujours plus de contrôle par tous les moyens.  J’ai du mal à comprendre l’intérêt d’un dépistage dès trois ans des troubles du comportement ; et de la généralisation  de l’évaluation de plus en plus précoce.  S’agit-il de mettre en relief les problèmes personnels, d’isoler les problématique individuelle, de culpabiliser les parents?

Mettre des enfants de trois ans sous camisole chimique, c’est  leur faire commencer bien tôt une carrière de malade.  Plus tard, ils pourront trouver  leur bonheur (climatisé?) dans la liste d’anxiolytiques,  de psychotropes qui n’en finit pas de s’ allonger.

 » It’s better to burn out than to fade away« 

 JB.


  1. michelehardenne écrit:

    « Nous vivons dans “une société” de travailleurs sans travail où il faut s’adapter aux exigences du marché ou crever. »

    Le travailleur doit-il s’adapter aux exigences du marché, ou le marché doit-il s’adapter aux exigences du travailleur?
    Le travail ne fait pas défaut, mais la charge salariale est lourde pour les entreprises.

    La politque menée par nos gouvernements a incité la délocalisation massive d’entreprise. L’argent appelle l’argent!
    Pourquoi produire chez nous, alors qu’ailleurs, pour un produit équivalent, la marge dégagée sur la production est juteusement bénéficitaire : une main d’oeuvre peut exigente en matière de protection sociale.

    La démocratie a un coût et nos gouvernements sont dans le rouge:

    Moins d’entreprises
    Moins d’emplois
    Moins de consommateurs
    Moins de cotisations salariales et patronales
    = moins de recettes fiscales
    = plus d’emplois précaires
    = plus d’années de travail avant de pouvoir bénéficier d’une pension qui ne sera plus de retraite mais de survie!
    = plus d’insécurité
    = plus d’assistanat social et d’exclusion
    = plus de discrimation

    Marche ou crève!

    J’ai fait le choix, celui d’être entrepreneur!
    Chaque personne a un potentiel d’âtre actif dans le tissu économique, le tout c’est d’avoir l’audace de marché en « terrain miné ».

    Et, je suis « un patron » qui travaille!

    Dernière publication sur MICHELE HARDENNE : Plume de nacre

    Citer | Posté 6 avril, 2010, 23:03
  2. lozachjb écrit:

    « Il y a aussi des poissons volants, mais qui ne constituent pas la majorité du genre. »

    D’abord, je te remercie pour ta participation qui a le mérite de provoquer le débat.

    Je comprends ta démarche mais je ne partage pas ta logique (marchande). Nous n’avons pas le même positionnement. Par exemple, je ne crois pas aux bien faits du néo libéralisme et encore moins au rêve américain. En fait, je pense que ni le marché, ni l’Etat ne fonctionnent bien. Si tu préfères, la solution n’est dans aucun des deux…Je veux dire par là que pour qu’une économie tourne bien, la cohésion sociale compte… Et avec la dérégulation (pour employer un gros mot)déguisée sous l’apparence du progrés, de l’efficacité ou de la liberté voire du bon sens .. on est bien loin de pouvoir concilier autonomie et justice sociale, émancipation et bien public…
    Pour revenir à la question sur la place du travail dans la société, je dirais qu’exceptée, une minorité de (professionnels) privilègiés, c’est d’abord une charge et non un moyen d’émancipation.

    Citer | Posté 7 avril, 2010, 11:05
  3. michelehardenne écrit:

    D’où mon expression « l’audace, de marché en terrain miné »,
    L’importance de l’implication du G30 concernant la surveillance des fonds monétaires internationaux devrait si la vague grecque ne devient pas un tsunami apporter une petite lueur de relance pour notre jeune Europe, mais….
    l’objectif de la stratégie de Lisbonne n’ayant pas atteint ses promesses,la cohésion sociale en fera les frais.

    Petit extrait de l’actu belge de ce jour : sur un fond de « tout va très bien madame la marquise »:
    Belga) Le premier ministre Yves Leterme, qui veut passer des mesures défensives contre la récession à des mesures structurelles susceptibles de redresser la Belgique en renouant avec la croissance, propose un « agenda pour dix ans ». « On s’en sortira! », affirme-t-il samedi dans la presse francophone.

    Yves Leterme avance un « agenda 2020″ prévoyant une union sacrée entre le fédéral, les Régions et les Communautés et, au-delà, les partenaires sociaux. « Nous avons connu fin 2008 la plus grave crise financière depuis 1929. On a sauvé les banques, puis renforcé le pouvoir d’achat, et baissé les charges. Ensuite, on a pris un paquet de mesures de relance. Ce que nous devons faire maintenant, c’est basculer de cette politique un peu défensive vers des réformes structurelles. De la crise à la croissance ». Le Premier ministre, qui rappelle son attachement au maintien de notre modèle d’Etat-providence, évoque les décisions qui seront prises au printemps dans le cadre de la « stratégie européenne 2020″ dans cinq domaines (taux d’emploi, recherche et développement, émissions de gaz à effet de serre, élèves sans diplôme, pauvreté) et qui devront être transposées à l’échelle belge. Dans cette optique, des groupes de travail seront mis en place pour la mi-avril et un conseil des ministres commun, fédéral-régions, est prévu au palais d’Egmont le 19 mars. Le premier ministre estime encore que le gouvernement fédéral « fait du bon travail » et dit avoir « essayé de tirer les leçons de ce qui s’est passé » depuis juillet 2007. « Il y a des moments où je suis heureux », ajoute-t-il. (BAJ)

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    Citer | Posté 7 avril, 2010, 13:21
  4. michelehardenne écrit:

    Personellement je préfère NIRVANA et l’album In Utero

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    Citer | Posté 7 avril, 2010, 15:22
  5. michelehardenne écrit:

    « il y a internet et son infinités de réseaux sociaux où l’on ne partage rien à part des codes et où rien ne se joue sinon l’incessante recomposition d’une identité. C’est le grand jeu de l’avatar, ce faux semblant, où il s’agit de continuer à s’entrainer à être naturel. »

    Mais quelle source d’inspiration dans ce monde parrallèle où finalement la plus grande des libertés, celle de penser est laissée à l’imagination et à la créativité.
    S’entrainer a être naturel est un exercice périlleux, il y a toujours une faille! Etre ce que l’on est, sans se dénaturer pose une énigme, mais l’imagination est excitée!

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    Citer | Posté 7 avril, 2010, 15:40
  6. lozachjb écrit:

    Il y a 16 ans…

    Le 5/04/94, K.COBAIN se donne la mort. 3 jours plus tard, un électricien venu pour installer une alarme, découvre son corps.
    Malheureusement, la solitude de sa mort est aussi tragique que le choix de son suicide. Une cartouche dans la bouche, après avoir écrit une lettre d’amour à  sa fille et à sa femme, dont les derniers mots sont :
    « It’s better to burn out than to fade away »
    reprises de Hey, Hey, My, My, de N. YOUNG (chanson écrite après le décès d’ELVIS et l’ascension de J. ROTTEN) …

    Citer | Posté 7 avril, 2010, 20:35
  7. michelehardenne écrit:

    Mourir, oui! Mais vieillir la belle affaire!
    Encore un « bad boy » qui aura marqué une génération, qui sera souvent imité mais jamais remplacé.

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    Citer | Posté 8 avril, 2010, 17:30
  8. michelehardenne écrit:

    « …il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. »
    Je revisite les albums de N.Young, et j’admets que les ondes musicales et textes sont très « attachants ». J’ai zapé pas mal de choses, et je prends,… maintenant… le temps de les apprécier.

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    Citer | Posté 10 avril, 2010, 9:09

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